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Michel Rio, vous présidez la section Loire-Océan (Loire-Atlantique-Vendée) de l'ANVP, l'association nationale des visiteurs de prison. Quoi de neuf ?
Nous allons être le laboratoire d'un nouveau type d'aide, à savoir le microcrédit pour des détenus qui viennent d'être libérés. C'est une première nationale ! Il s'agit par exemple d'aider à payer un meublé pendant un mois ou deux, ou encore le téléphone. Avec près de 3 000 €, nous espérons aider 3 ou 4 personnes cette année. L'extension du dispositif dépend évidemment du succès de cette expérience.
Quelles sont les conditions d'attribution de ce prêt ?
Pour que le microcrédit puisse profiter à un maximum de personnes, il faut que l'argent soit effectivement remboursé. Nous y veillerons. Il en va d'ailleurs de la dignité de l'ancien détenu qu'il puisse rembourser et participer ainsi à sa réinsertion. D'où des critères de sélection des dossiers très stricts, en lien avec les travailleurs sociaux : le microcrédit ne peut aider que les personnes qui ont un projet réaliste.
L'administration pénitentiaire ne prend pas en charge le suivi de la sortie ?
Les travailleurs sociaux des services de probation et d'insertion font ce qu'ils peuvent, mais leurs moyens sont limités. La sortie, c'est pourtant un moment crucial pour le succès ou l'échec de la réinsertion. Nous voulons que l'aide financière vienne en plus de l'aide aux démarches administratives. Cela fait partie de la prévention de la récidive : ne pas pouvoir mettre de l'essence dans un cyclomoteur pour aller travailler, ça peut faire perdre votre travail... voire conduire à commettre un délit.
Est-ce facile de lever des fonds ?
La focalisation sur des affaires de récidives, certes réelles et dramatiques, mais rares, ne nous aide pas. Nous sollicitons les élus des collectivités, les déput és, les sénateurs, etc. Quelques-uns, impliqués dans des commissions, maîtrisent bien les problématiques. D'autres font preuve d'une méconnaissance totale du monde carcéral. Sur une question de société aussi importante, ça ne nous semble pas très sérieux.
Recueilli par
Claire HAUBRY.
Ouest-France
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