Association Nationale des Visiteurs de Prison
 
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Impressions de Jean-Paul Meyer

Un visiteur ne parle pas de lui-même ; et pourtant ...      

Beaucoup d’émotion dans ce texte sur les états d’âme d’un visiteur contraint d’arrêter les visites par la limite d’âge. Il est important de rester membre de la section et de l’ANVP, et ainsi de continuer à participer.
JPR.

 

L’attente dans les parloirs est un moment propice à la réflexion, et dernièrement, je m’interrogeais sur le temps que nous passions ensemble entre visiteurs !

Songeur à la pensée que notre temps au service des personnes détenues allait se terminer ...Car, si nous avons tous besoin du contact des autres visiteurs, il n’empêche que notre bénévolat s’exerce surtout dans « l’intimité » d’un parloir, avec une seule personne comme interlocuteur...

Ces rapports hebdomadaires pour la majorité d’entre nous, sont des moments privilégiés. Je sais (d’expérience) que nous rencontrons plus souvent les personnes détenues, que nous ne voyons nos amis les plus proches et parfois nos enfants lorsqu’ils ont pris leur indépendance. Notre « mission » n’est pas effectuée sous les feux des projecteurs, et bien évidement nous restons dans la plus grande discrétion quant à nos rapports avec les personnes incarcérées. C’est un travail de petite fourmi, souvent épuisant, tant les difficultés et les interrogations de nos « visités » sont grandes.

Qui de entre-vous ne s’est pas senti aspiré par les problèmes de l’Autre ? Qui, d’entre-vous, est resté insensible à sa détresse ? Qui d’entre-vous n’est pas rentré à son domicile portant sur lui le fardeau déchargé par son « visité » ? C’est un travail souterrain, qui nous conduit à rester d’une grande modestie ! Il est vrai que parfois aussi, nous passons par des périodes de découragement, de doutes et de remise en cause ... et pour revenir au début de mon petit mot, c’est à ce moment que nous avons le plus besoin des autres visiteurs...

Que dire, alors, lorsque nos amis visiteurs et visiteuses, après une longue période de bénévolat, s’en vont sur la pointe des pieds ? Dans la vie de tous les jours, lorsqu’un changement intervient, c’est souvent l’objet d’une fête, que ce soit pour une mutation dans son travail, d’un départ en retraite ou d’un mariage... Lorsqu’un visiteur arrête son bénévolat, c’est dans une si grande discrétion que j’en arrive à me dire que c’est presque une fuite pour ne déranger personne !

Je ne suis pas un « homme d’appareil », mais je voudrais, à mon ni-veau, apporter le témoignage de ma reconnaissance et de mes remerciements à ceux qui s’en vont ou... qui vont le faire. Qu’ils sachent que je garderai toujours un souvenir (très doux à mon cœur) du temps où nous faisions un bout de chemin ensemble ! Et pour ceux qui sont encore dans l’hésitation à franchir le pas pour rentrer dans leurs pantoufles... Courage, restez encore avec nous.

Jean-Paul Meyer, visiteur à Fleury et Meaux.

 
Dernière modification : 19/11/2016