Association Nationale des Visiteurs de Prison

Association loi 1901

 
 
 
 
 
 
 

Et ce sera justice - Punir en démocratie


Garapon A., Gros F., Pech T.

 
C’est Frédéric Gros qui, dans une première partie, fait une rétrospective historique et une analyse philosophique de la peine, à travers les oeuvres des « grands » philosophes tels que Kant, Hegel ou Marx.Il note finalement « l’entrée de la victime sur la scène pénale » (P.132) non pas au nom de la vengeance dictée par la haine, mais de la « juste vengeance », dépassant cette contradiction et la définissant comme une juste distance entre séparation et fusion. « La justice pénale (...) elle met en communication le malheur de la victime et celui du condamné et les fait s’user l’un à l’autre » (p.136) Thierry Puech suggère l’idée d’une « peine neutre », un juste dosage entre deux missions hétérogènes, le souci de sécurité et celui de la ré-insertion, dans un monde « où les choix ne sont plus guidés par le religieux, le souverain ou les normes acceptées par tous ». Il ajoute : « La peine juste, c’est juste la peine ». (p.176) ; Par conséquent, sa contribution est aussi un plaidoyer logique pour l’individualisation et l’aménagement des peines et l’éducation, même si elle suppose la contrainte. Il ne s’agit plus de « faire son temps » en prison mais de le rentabiliser. Antoine Garapon parle de « justice reconstructive », en soulignant à nouveau le rôle de la victime, non plus dans un couple antagoniste avec le coupable mais dans le cadre d’une « conception relationnelle de la justice ». Cela suppose un effort d’imagination, « la recherche de réponses nouvelles à de petits délits » ou la création de modèles tels que la « Commission Vérité et Réconciliation » en Afrique du sud. En définitive, la répulsion à l’égard de la souffrance « s’applique aussi bien à la victime qu’au détenu ». Une lecture difficile, loin des stéréotypes dont nous abreuve l’actualité !

CC. Editions Odile Jacob,septembre 2001, 24,39 €
 
 
 
 

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