Association Nationale des Visiteurs de Prison

Association loi 1901

 
 
 
 
 
 
 

L’Abolition

Badinter Robert


 
L’abolition de la peine de mort, c’est d’abord la victoire d’un homme, Robert Badinter, qui nous livre les étapes de son combat, la victoire d’un homme persuadé de l’inutilité de la peine capitale, mais c’est aussi la revanche de l’avocat qui avait été impuissant à sauver Bontems, exécuté avec Buffet en novembre 1972, bien qu’il ait été simplement complice et qu’il n’ait pas tué au moment du drame de Clairvaux. (cf. L’Exécution du même auteur paru en livre de poche). Ce souvenir le hante encore au fil des pages de son nouvel ouvrage et en a fait un adversaire irréductible de la peine de mort : "J’étais passé de la conviction intellectuelle à la passion militante." Il accepte alors de défendre Patrick Henry dont le procès a lieu à Troyes en 1977, là-même où avaient été condamnés Buffet et Bontems. Une partie de l’ouvrage est donc consacrée à cette affaire. Le contexte n’est pas favorable. "La France a peur" a dit le journaliste Roger Gicquel après l’affaire Ranucci, et Robert Badinter ajoute, "Et la peur n’est pas propice à la justice". Plus de 50% des Français restent favorables à la peine de mort. Ils seront 63% en 1981. Néanmoins, Patrick Henry sauve sa tête grâce à la plaidoirie de son avocat, maître Badinter, et à un véritable coup de théâtre lorsqu’à la fin de l’audience, le jeune homme demande enfin pardon et fait basculer le jury. Première victoire mais suivie par ce que l’auteur appelle "La longue marche". Le débat public est de plus en plus nourri, aussi bien à gauche qu’à droite, avec Philippe Seguin qui est abolitionniste. Robert Badinter avait affirmé au début de son livre que l’abolition nécessitait "une volonté présidentielle ferme". Ni Georges Pompidou, ni son successeur, Valéry Giscard d’Estaing, ne semblent, compte tenu de leur droit de grâce, avoir voulu aller à l’encontre de l’opinion publique et de la décision des tribunaux : quatre condamnations à mort ont encore été prononcées pendant l’automne 1980. C’est l’élection de François Mitterrand qui va permettre l’abolition. Pendant la campagne électorale, celui-ci s’est engagé dans ce sens. Robert Badinter, nommé garde des Sceaux, poursuit son combat. La loi est votée par l’Assemblée nationale par 363 voix contre 117, le 30 septembre 1981. La France était le dernier pays d’Europe occidentale à appliquer effectivement la peine de mort !

Robert Badinter - Ed.Fayard - 2000 / 134 F

 
 
 
 

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